L’histoire de l’élevage sous bois en Bourgogne : du stockage au façonnage aromatique
Avant d’être un outil de vinification, le fût de bois était, dès l’Antiquité, un moyen de stocker et transporter le vin. Ce n’est qu’au Moyen Âge que les vins de Bourgogne, sous l’influence des ordres monastiques, se sont mis à rester de longs mois, voire de longues années, dans des pièces de chêne issues des grandes forêts voisines, comme celle de Tronçais ou Fontainebleau. Ces fûts, faits à la main par des tonneliers bourguignons, prenaient la capacité de 228 litres — la fameuse “pièce bourguignonne”.
Peu à peu, on s’est rendu compte que ce contact intime entre vin et bois n’était pas neutre. Il apportait des arômes, assouplissait la texture, donnait une structure et une aptitude au vieillissement remarquable. Dès le XVe siècle, les plus grands “climats” de la Côte de Beaune ou de Chablis étaient déjà associés à des vins blancs élevés sous bois, comme en attestent des archives consultées par le Comité Interprofessionnel des Vins de Bourgogne.