Gestes de la nature et gestes de l’homme : les clés du pilotage des rendements
La taille, premier curseur de la production
Au cœur de l’hiver, les sarments craquent sous la main du vigneron. La taille, moment fondateur, détermine directement la quantité de grappes que la vigne produira. En viticulture naturelle, les pratiques sont généralement plus respectueuses de la physiologie de la plante, privilégiant la taille douce (type Guyot Poussard, Vitisphere), qui limite les blessures et prolonge la vie de la vigne. On laisse ainsi moins d’yeux par pied, ce qui réduit naturellement la charge attendue à la récolte.
L’éclaircissage des grappes, la vendange en vert
Si le printemps a été généreux, la vigne peut surcharger. L’éclaircissage ("vendange en vert") est alors une étape-clé : on élimine à la main une partie des grappes ou des baies, bien avant la maturité, pour soulager la plante et permettre aux fruits restants de concentrer leur énergie. C’est un crève-cœur, mais aussi un pari économique, quand chaque grappe sacrifiée est une bouteille en moins au chai.
- La vendange en vert se pratique généralement début juillet, selon la précocité du cépage.
- En zone méditerranéenne, elle peut réduire le rendement de 10 à 30% (source : Chambre d’Agriculture du Gard).
Le choix de ne pas intervenir : un acte fort
Certains vignerons naturels refusent la vendange en vert par conviction : pour eux, seules les conditions naturelles doivent s’exprimer, quitte à accepter de grands écarts d'une année sur l'autre. Les variations de rendement d’un même domaine peuvent ainsi osciller de 15 à 60 hl/ha selon la météo ! (La Revue du Vin de France)