La fermentation : au cœur des métamorphoses
Cuves et matériaux : l’écrin de la transformation
En vinification traditionnelle, la fermentation s’effectue dans des cuves en bois, en béton brut ou en terre cuite (amphores, jarres géorgiennes kvevris). Ces contenants « respirent » : ils laissent une certaine micro-oxygénation, favorisant le développement de vins expressifs, parfois plus « sauvages » et évolutifs.
La vinification moderne privilégie l’inox : ce matériau neutre, facile à nettoyer, offre un contrôle parfait des températures et de l’oxygène. De nombreuses cuves modernes sont thermo-régulées, la gestion des fermentations est ainsi optimale, réduisant le risque de déviations aromatiques ou de maladies.
| Matériau |
Avantages |
Inconvénients |
| Bois |
Micro-oxygénation, complexité aromatique |
Hygiène délicate, coûts d’entretien |
| Béton (brut ou revêtu) |
Inertie thermique, respiration douce |
Lourdeur, nettoyage parfois complexe |
| Inox |
Propreté, précision de température |
Neutralité aromatique, coût de l’équipement |
| Amphore/terre cuite |
Retour aux origines, texture particulière |
Fragilité, micro-oxygénation difficile à maîtriser |
Levures : du naturel au sélectionné
D’un côté, la tradition laisse agir les levures indigènes naturellement présentes sur la peau des raisins et dans le chai : chaque terroir exprime alors sa personnalité aromatique unique, au risque d’aléas de fermentation.
La modernité préfère généralement les levures sélectionnées (Saccharomyces cerevisiae), garanties pour leur efficacité, la prévisibilité de leurs effets et leur capacité à limiter les défauts. Selon Vinitech, aujourd’hui environ 80% de la production mondiale de vin fait appel à ces souches sélectionnées, en particulier en dehors de l’Europe occidentale.