Pourquoi le dosage influe-t-il sur la sensibilité à l’oxygène ?
Le dosage, quel que soit le stade, agit sur plusieurs leviers de la résistance à l’oxydation :
- Le « réducteur » naturel du vin : notamment le dioxyde de soufre (SO2), qui piège l’oxygène dissous.
- La stabilité microbiologique : en ajustant la teneur en alcool ou en sucre, le dosage peut aussi freiner certains micro-organismes, qui, à leur tour, catalysent parfois des réactions d’oxydation.
- L’ouverture du vin à l’oxygène ambiant : chaque ajout lors du dosage est une occasion d’introduire de l’air si la technique est imparfaite (cf. Vins de Champagne, CIVC).
La fragilité réside donc dans la justesse de la dose : une sous-protection (ex. : manque de SO2 ou déséquilibre sucre/alcool) et le vin livre ses molécules à l’oxygène. Trop de SO2, et il masque les arômes (voire irrite le palais). Une liqueur de dosage mal choisie, trop riche en sucre ou apportant des micro-organismes indésirables, et la stabilité est compromise.
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Le SO2, ou dioxyde de soufre, est sans rival pour stabiliser et protéger. C’est l’antioxydant le plus efficace (source : OIV – Organisation Internationale de la Vigne et du Vin). Dosé entre 70 mg/l et 200 mg/l selon les types de vins (blancs, rouges, liquoreux), il capture l’oxygène dissous et empêche la prolifération microbienne. Mais le mouvement vers des vins plus « naturels » pousse certains producteurs à réduire ou omettre le SO2. Résultat : des vins plus fragiles à l’oxydation (cf. La Revue du Vin de France).