Les conséquences sur la garde et l’évolution aromatique
On pourrait croire que la sur-extraction est un “péché de jeunesse” qui se fond avec le temps. Si le vin a suffisamment de matière et d’acidité, certains tanins s’assoupliront en vieillissant, par polymérisation, mais pas toujours : une sur-extraction importante, surtout sur vendanges insuffisamment mûres ou sur cépages riches en tanins (Cabernet Sauvignon, Tannat), laisse rarement un vin soyeux après quelques années.
Le château Montus 1988, exemple marquant du Madiran “musclé” de la fin des années 1980, a ainsi mis plus de 25 ans à s’assagir, quand certains amateurs auraient souhaité le boire plus tôt.
À l’inverse, dans plusieurs dégustations de vieilles Syrah du nord du Rhône (source : Le Figaro Vin, 2023), on retrouve souvent une harmonie remarquable : les tanins présents, mais polis par le temps, car la vinification avait visé d’emblée l’équilibre plutôt que la puissance brute.